SON DERNIER SCANDALE
Homélie du jour de Pâques 2012
pffff ! Ridicule… Voilà quelle fût sans doute la réaction des grecs de l’aréopage d’Athènes à la prédication de saint Paul sur
La mort est un scandale de trois manières : d’abord, parce qu’on sent bien que notre vie est unique, que chacun est unique, ce que nous avons à vivre est unique. Or la mort nous désagrège, elle me suggère que ma vie ne vaut rien, qu’elle est sans valeur, que je peux faire n’importe quoi. La mort, second scandale, c’est surtout ce qui me sépare des autres ; c’est ce qui me sépare de ceux que j’aime : la mort va me séparer de mon enfant, la mort me séparer de cet ami, la mort me sépare de mes parents ! Comme le péché, la mort nous sépare ! Le troisième scandale, c’est que s’il n’y a plus rien après la mort, alors qui vont défendre tous les innocents qui ont été persécutés injustement ? Toutes les saletés que je fais dans l’ombre, qui va me dire que c’est mal ? S’il y a la mort après la mort, alors je peux faire n’importe quoi ; même dans le secret, faire disparaître l’enfant à naître !!! La mort, c’est donc la destruction de tout !!!! Ce n’est pas Dieu qui a fait la mort. « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants ». « Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. » Dieu n’a pas fait la mort, et si Dieu rappelle comme on dit, c’est qu’une fois mort il nous appelle à
Or, il y a quelqu’un qui a brisé la mort !!! qui a cassé le mur de la mort !!!! qui l’a pulvérisée : Jésus de Nazareth, le crucifié. Comment puis-je savoir que le Christ est ressuscité ? Que fait
Or si la prière a besoin d’une éducation, elle a surtout besoin d’une grâce. Par le baptême ou par la confession (qui rebaptise, si je puis dire), nous nous connectons au Christ ressuscité. Or, Saint Paul dit quelque chose de dingue : « Par le baptême, vous êtes morts ! » Par la foi, on est déjà ressuscité car on est connecté au ressuscité. C'est-à-dire que par la prière on vit dans son monde, on vit de sa pensée, des ses idées, on éprouve ses sentiments, son espérance, son pardon, sa douceur, et sa force aussi… En parlant au Ressuscité, en acte de baptisé, je suis alors en acte de résurrection et je vis de cette vie ! Alors je saisis que le ciel pour moi a commencé, que le mal n’a plus la capacité de me vaincre. Je saisis alors que les relations ne passeront jamais ; et je peux dire à ceux qui souffrent : « Cet ami que tu as aimé tu le reverras », « Cet enfant que tu aimes, tu le reverras » ; et « tous ces hommes et ces femmes qui sont morts dans l’indifférence, Dieu les accueillera. » Je saisis aussi que ceux qui leur auront fait du mal devront affronter le regard d‘amour du Bon Dieu. Celui qui prie, est déjà mort pour ainsi dire, parce qu’il est plein de Vie ; il est plein de Lui comme à chaque communion eucharistique. Thérèse d’Avila d’ailleurs pourra dire : « nous ne mourrons pas de mort, nous mourrons de vie »
Cet acte de plus grande séparation qu’est la mort, pourra donc être l’acte de plus grand don de ma vie. Alors, aujourd’hui, je peux faire de ma vie un don, un don qui s’épanouira intensément au ciel ! Maintenant, je peux faire de ma vie un don pour les autres et pour Dieu.