Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Guérir et évangéliser
S. Luc est médecin de métier (Col 4, 14), et l’œuvre de Jésus qu’il annonce est présentée comme une guérison. Il soigne les corps, rend santé aux malades, expulse les démons associés aux maladies, plus encore, il donne ce même pouvoir à ses disciples comme une investiture de son Règne. Guérissez les malades et dites aux habitants : « Le royaume de Dieu est tout proche de vous ». Dire le Royaume – évangéliser – et guérir : deux actes intimement liés.
Que nous enseigne ce lien entre l’avènement du Règne et la guérison ?
Premièrement, cela signifie que nous sommes malades. L’humanité vit dans un état aliéné, diminué. Nous sommes frappés par un mal qui nous ronge, qui détruit notre vie. Dire que nous avons besoin de sauveur, revient à confesser que nous sommes en train de dépérir. Nier cette blessure originelle, revient à prétendre en face d’un homme terriblement souffrant que son état est absolument normal et qu’il lui suffit de faire un effort de volonté pour se sentir mieux. Non. Il a besoin d’aide, car il est blessé, malade, mourant, abandonné au bord de chemin.
Deuxièmement, « Le royaume de Dieu est tout proche de vous ». Donc, la guérison est là. Elle est possible, elle est donnée, elle vient vers nous. Celui qui nous a modelés ne nous a pas abandonnés au pouvoir de notre mort. Il passe parmi nous, il prend sur lui notre souffrance. Par ses blessures nous sommes guéris. Jésus est notre Sauveur : là où notre péché nous entraîne vers la mort, il nous saisit et nous porte dans sa vie.
Voilà pourquoi guérir, c’est évangéliser et évangéliser, c’est guérir. Toute guérison est comme un signe de cette Bonne Nouvelle : Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de la perte des vivants… c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde (Sg 1, 13 et 2, 24). Dieu ne cesse de nous en libérer. Notre Créateur est notre Sauveur. Toute guérison évangélise. Et l’évangélisation guérit. Prêcher le salut en Jésus Christ – c’est donner à l’humanité frappée par une maladie mortelle le remède dont elle a besoin. Proclamer l’amour de Dieu - non pas un sentiment, ni une vague bienveillance, mais une œuvre effective de son amour – c’est apporter la guérison ultime.
Guérissez les malades et dites aux habitants : « Le royaume de Dieu est tout proche de vous». Puisse S. Luc, médecin et évangéliste nous guider dans notre mission !

fr. Pavel Syssoev, op


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