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Maintenant, suis-moi
L’appel par Jésus des quatre premiers disciples se situe sur leur lieu journalier de travail de pêcheur, sur les bords du Lac de Tibériade, entre Capharnaüm et Bethsaïde : Il vient jusqu’à nous. Il ne nous appelle pas de loin, comme Il ne nous sauve pas de loin.
Faisons mémoire.
Zacharie était monté au Temple dans son tour de service sacerdotal au sanctuaire, et c’est là qu’il reçu l’annonciation de la naissance d’un fils dans leur vieillesse avec Elizabeth (Lc 1,8-9), encore à la charnière de l’ancienne Alliance et de la nouvelle Alliance.
Alors que pour l’Annonciation de la naissance du Sauveur de tous les hommes, la Vierge Marie ne se déplace pas, l’Ange au nom de Dieu vient jusqu’en son humble demeure de cette petite bourgade de la Galilée profonde qu’est Nazareth : dès le premier jour du Mystère de l’Incarnation, Dieu, par l’Ange vient jusque chez nous annoncer qu’Il sera Dieu, Sauveur, parmi nous, l’un de nous.
Comme Matthieu que Jésus viendra appeler à Lui sur son lieu de travail de collecteur d’impôts, enfermé derrière son comptoir des comptabilités humaines, qui devait secrètement et profondément espérer une autre vie.
A part la Vierge Marie dans sa grâce unique, les apôtres ne sont pas appelés car ils seraient meilleurs que les autres. Car Jésus l’affirme : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Mt 9,13). Le cheminement souvent difficile des apôtres à la suite de Jésus dans tout les Evangiles nous le montre, nous éclaire et nous encourage.
Il n’est pas venu appeler ceux qui se croient justes par eux-mêmes, comme le frère aîné de l’enfant prodigue (Lc 15,29), mais ceux qui se reconnaissent pécheurs, qui implorent en vérité la miséricorde de Dieu et se laissent façonner, recréer par elle. Certes ils sont appelés par Dieu avec des dispositions à la grâce mais par la grâce même : pas capables en eux-mêmes, par eux-mêmes seuls. Mais ils sont devenus capables par l’appel de Jésus auquel ils ont répondu « oui ».
Et il nous est dit qu’à cet appel, « aussitôt » ils suivirent Jésus, comme la Vierge Marie à l’Annonciation répondit aussitôt « oui » sans aucune restriction si difficile pour nous à ne pas rajouter … et elle partit « aussitôt » partager, pas une, mais la Bonne Nouvelle, celle du salut, à sa cousine Elizabeth (Lc 1,39).
Comme Jésus lui-même qui est habité par cette disponibilité à prêcher « aussitôt » la Bonne Nouvelle du salut de ville en ville, comme nous le relatent surtout les Evangélistes Matthieu et Marc.
Comme pour Abraham le préfigurant déjà (Gn 12,1-4), pour les apôtres, afin de suivre Jésus, il nous faudra quitter d’une manière ou d’une autre ce qui est mauvais en nos vies, pour ce qui est bon, et ce qui est bon et aimable comme notre barque, nos filets, notre famille, notre maison, pour un bien supérieur meilleur encore. Dès la jeunesse nous le vivons :
+ dans un « oui » au Seigneur plus directement dans le sacerdoce ou la vie religieuse, ou pour toute vie de service de Dieu, où nous réordonnons et réajustons les priorités de nos multiples liens humains au seul attachement à Jésus.
+ ou dans un « oui » à son époux ou à son épouse où nous réordonnons et réajustons les priorités de nos multiples liens humains au seul attachement au conjoint élu sous le regard aimant de Dieu.
Ceci ne pouvant se vivre que fonder sur le « oui » de Dieu à l’homme jusque sur la Croix conduisant au matin éternel de la Résurrection.
Jésus demande beaucoup à ceux qu’Il appelle, mais c’est pour les combler en plénitude pour l’éternité. Aux deux pères ici dans l’Evangile, Il demande, Il prend à chacun deux fils. Et à Pierre lui-même Il demandera aussi sa maison (Mc 2,2+4), sa barque (Lc 5,3) : mais tout cela pour la vie et notre joie éternelle (Mt 19,29).
« Le Maître est là : il t’appelle » (Jn 11,28). Il te rappelle depuis le jour de ton baptême : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28,19) c'est-à-dire « Tu es mon fils, ma fille bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour » (Mt 3,17). Aucun baptisé à aucun âge de sa vie ne peut se dérober à cet appel dans l’Esprit Saint : en cette Eucharistie, en chaque Eucharistie par excellence.
Le Maître est là : Il est présent, Il s’offre pour toi, à toi, Il t’appelle. Il passe : prosterne-toi devant Lui, adore-Le, relève-toi, écoute-Le, reçois-Le en ton cœur, en ta barque, : suis-Le. Il repasse, Il te rappelle : en sa miséricorde dans le sacrement du pardon, où son rappel est comme un premier appel toujours neuf en la magnificence de son amour, comme pour Pierre après la Résurrection (Jn 21,19).
Dans les pas d’Abraham, de Samuel, de la Vierge Marie, des apôtres, tu as répondu ou tu répondras « oui » à son appel un jour devenu alors ainsi premier jour, pour le sacerdoce, la vie religieuse ou pour fonder un foyer vraiment chrétien ou pour Le servir de toute façon de différentes manières.
C’est le « oui » à redire chaque jour à Dieu qui continue de t’appeler fidèlement à Lui, à son amour, dans la prière et la charité fraternelle, dans lumière et grâce de son premier appel à toi et de ton premier « oui » : comme les époux s’appellent l’un l’autre chaque jour dans l’amour à l’amour, non dans une répétition insipide, mais toujours dans la lumière du premier «oui» fondateur dans sa grâce de tous les autres « oui », qui, habités par l’amour, sont toujours neufs.
L’amour vrai, jeune ou ancien, est toujours nouveau, car il est de Dieu, de Dieu qui est Amour (1 Jn 4,16), créateur, recréateur pour l’éternité bienheureuse pour chacun, du premier jour au dernier soir (Gn1,31 + Jn 17,13)
Ne reporte pas à demain l’aujourd’hui de son appel, de sa grâce, de son présent, de son offrande, de son don pour toi. La grâce de l’appel de Dieu qui est pour l’éternité, est toujours un présent, au présent : aujourd’hui. Hier est à la miséricorde de Dieu, demain à sa Providence : aujourd’hui à son appel et à sa grâce. Jésus passe, pas hier, ni demain, mais aujourd’hui, ici, en cette Eucharistie et nous dit : « Vous êtes venus, vous avez vu (Jn 1,39) : maintenant, suis-moi ».